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    Encyclopédie des religions et traditions africaines – BAKONGO

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    Encyclopédie de religions africaines – BAKONGO

    Avant Propos :  Chers lecteurs et lectrices,  avant de vous lancer dans la lecture de ce contenu nous vous conseillons de lire d’abord notre article d’introduction, vous le trouverez en cliquant sur le lien en surbrillance suivant : Encyclopédie de religions africaines   – Introduction : Notions et Concepts. Ce dernier vous permettra de mieux appréhender le sens que nous voulons donner  à l’ensemble de cette rubrique.

    Le groupe ethnique Bakongo, qui compte plus de 10 millions de membres, vit le long des côtes du Congo, de la République Démocratique du Congo et de l’Angola. Ils ont migré vers cette région au 13ème siècle en provenance du nord-est, ce qui situe leur origine dans l’est de la République Démocratique du Congo ou au cœur de l’Afrique. Les Bakongo ont prospéré dans un royaume hautement développé et ont été parmi les premiers à entrer en contact avec les Portugais au 15ème siècle.

    Peu après, l’introduction du catholicisme et des pratiques commerciales peu scrupuleuses des Portugais a provoqué des divisions au sein du peuple Bakongo, incitant le roi Affonso à écrire au roi du Portugal pour proposer une solution à cette situation. Cela a marqué le début d’une relation longue, tragique et complexe entre les Bakongo, les Portugais et le catholicisme, qui a conduit de nombreux Bakongo à être impliqués dans le commerce des esclaves européens, préparant ainsi le terrain pour la domination coloniale au Congo et influençant l’activité politique contemporaine de la région.

    Bien que le catholicisme ait été introduit chez les Bakongo relativement tôt par rapport à d’autres régions d’Afrique et qu’il conserve aujourd’hui une forte présence catholique, les pratiques religieuses et culturelles indigènes continuent de prospérer et se retrouvent dans le Vodou haïtien et de la Nouvelle-Orléans, la Regla de Palo et Lucumi cubaines, la Regla de Ocha, ainsi que dans l’Umbanda et le Candomblé brésiliens, et la culture expressive afro-américaine.

    1. Création et Cosmologie

    Le créateur principal du monde est Nzambi Mpungu, le maître souverain. Après avoir façonné le monde et toutes les créatures qui l’habitent, Nzambi Mpungu s’est retiré et montre peu d’intérêt pour le monde et ses habitants. Bien qu’il se soit éloigné, il continue de faire tomber la pluie et de faire germer les graines pour nourrir les gens. Nzambi Mpungu est également responsable de leur santé et de la naissance des enfants. Il est puissant, riche et bienveillant, mais il est aussi lié à la mort.

    Nzambi est l’essence de Dieu, la divinité sur Terre, la grande princesse et la mère de tous les animaux. Elle incarne le mystère de la Terre. Envoyée sur Terre par Nzambi Mpungu, elle devient sa femme, faisant de lui le père de toute la création. Nzambi a donné à l’humanité toutes les lois, les ordonnances, les arts, les jeux et les instruments de musique, tout en réglant les conflits entre les animaux. Elle a également dérobé une partie du feu de Nzambi Mpungu. Parmi les autres divinités bakongo, on trouve Ntangu, le soleil, Ngonde, la lune, Nzassi, le tonnerre, Lusiemo, l’éclair, et Chicamassichinuinji, qui habite la mer.

    Comme de nombreux groupes africains, les Bakongo possèdent de multiples récits sur la création et l’origine des choses. Dans ces narrations, les actions des différentes divinités ou personnages peuvent varier, se contredire ou éclaircir des informations antérieures. C’est la caractéristique des cultures orales, où le récit est fluide et contextuel, tout en étant porteur d’un savoir ésotérique. Dans ces cultures, les histoires dissimulent une connaissance plus profonde, accessible uniquement aux initiés. Ce qui suit est un exposé de la cosmologie bakongo, présenté par un ngânga, un initié à une manière de penser africaine, utilisant un langage concret et moins symbolique ou mythologique.

    Au commencement, le monde était dépourvu de toute vie. Une force de feu, appelée kalûnga, est apparue dans ce cercle vide, ou mbûngi, et a chauffé son contenu, qui, une fois refroidi, a donné naissance à la Terre. Aujourd’hui, la Terre, point de départ du feu, est devenue une planète verte après avoir traversé quatre étapes. La première étape est l’émergence du feu, suivie de la seconde, la phase rouge, où la planète est encore en combustion et n’est pas encore formée. Ensuite vient la phase grise, durant laquelle la planète se refroidit sans avoir encore produit de vie. À ce stade, les planètes sont nues, sèches et recouvertes de poussière. Enfin, la phase verte représente le moment où la planète est pleinement mature, car elle respire et abrite la vie. Dans l’ordre universel, tous les planètes doivent passer par ce processus.

    Une autre caractéristique importante de la cosmologie bakongo est le soleil et ses mouvements. Le lever, le zénith, le coucher et l’absence du soleil constituent le schéma fondamental de la culture religieuse bakongo. Ces « quatre moments du soleil » correspondent aux quatre étapes de la vie : la conception, la naissance, la maturité et la mort. Pour les Bakongo, tout passe par ces étapes : les planètes, les plantes, les animaux, les humains, les sociétés et même les idées. Ce cycle vital est représenté par un cercle contenant une croix. Dans ce cosmogramme ou dikenga, le point de rencontre des deux lignes de la croix est le point le plus puissant, celui où se tient la personne.

    2. Le concept d’homme (humanité)

    La personne bakongo, ou muntu, est à la fois un être d’énergie vivante et un être physique. Ainsi, le muntu représente un « motif de motifs » ou un « principe de principes » dans l’existence. Ce qui distingue le muntu dans la création, c’est la possession d’un mwèla-ngindu, ou une âme-esprit duale.

    Le mwèla-ngindu vit des expériences à chaque moment du soleil. Le premier moment, musoni, est celui des débuts, correspondant à la conception humaine dans le ventre maternel. Kala représente le lever du soleil et la naissance physique d’une personne. Tukula est la période de maturation et le sommet de la créativité, un moment où l’individu démontre idéalement sa maîtrise de la vie, que ce soit dans les domaines familial, social, artistique ou spirituel. Le temps de Luvemba est marqué par la mort physique.

    L’âme-esprit duale d’une personne, ou mpève-ngîndu, interagit avec la communauté locale et/ou mondiale après la mort et continue d’avoir des expériences dans le ku mpèmba en préparation d’un nouveau cycle de création. Pour les Bakongo, une personne est un kala-zimikala, un être vivant-mourant-vivant.

    La personne se tenant au carrefour crée un « V » au sein du dikenga. Ce V est une image sacrée qui se retrouve dans les tissages et les motifs artistiques bakongo. Les trois points du V sont également symbolisés par les trois pierres de feu, qui constituent la base de l’ordre social bakongo, ainsi que par les trois ingrédients de couleurs différentes utilisés dans le calebasse divinatoire et les trois divisions des royaumes bakongo précoloniaux.

    Lectures complémentaires :– Asante, M. K. (2007). The History of Africa. Londres : Routledge. – Fu-Kiau, K. K. B. (1991). Self Healing Power and Therapy: Old Teachings From Africa. Baltimore : Imprint Editions/Black Classics Press. – Fu-Kiau, K. K. B. (1994). Ntangu-Tandu-Kolo: The Bantu-Kongo Concepts of Time. Dans J. Adjaye (Éd.), Time in the Black Experience (pp. 17–34). Westport, CT : Greenwood. – Fu-Kiau, K. K. B. (2001). Tying the Spiritual Knot: African Cosmology of the Bantu Kongo. Principles of Life and Living. Brooklyn, NY : Athelia Henrietta Press. – Thompson, R. F. (1984). Flash of the Spirit: African and Afro-American Art and Philosophy. New York : Vintage.

    Remarque :  Le présent article est basé sur les travaux de Molefi Kete Asante et Ama Mazama, son ouvrage ENCYCLOPEDIA OF AFRICAN RELIGION a été une base solide pour l’établissement de nos divers contenus sur le sujet.

     

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